L’Espagne des moulins

L’Espagne des moulins

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Parmi les mesures prises par le gouvernement espagnol pour lutter contre la crise économique, l’une d’elles consiste à soutenir les entreprises de secteurs dits stratégiques, en particulier celui des énergies renouvelables. Or énergie éolienne, solaire ou biocombustibles ont déjà une longueur d’avance au pays du Quichotte. Les moulins espagnols ont bien changé depuis Cervantès. Ils mesurent aujourd’hui plus de 80 mètres de hauteur et font tourner leurs grandes pales mécaniques blanches sur les hauts plateaux de Castille, d’Andalousie ou d’ailleurs. Et pourtant, ils incarnent plus que jamais l’Espagne. Celle d’hier et de demain. Celle qui, alors que l’Europe réaffirme son choix de soutenir la production d’énergie d’origine nucléaire, joue à quitte ou double la carte du renouvelable.

L’Espagne des moulins
Selon les derniers chiffres de l’IDAE, en 2007, les énergies renouvelables ont généré 20,2% de la production d’électricité de l’Espagne, passant pour la première fois devant le nucléaire (17,7%). D’abord grâce à l’énergie d’origine hydraulique, avec une puissance installée de plus de 18 300 MegaWatts sur les 34 800 MW que représentent les énergies renouvelables. Puis, grâce à l’éolienne et ses 15 145 MW, loin devant les biocarburants et l’énergie solaire.

L’Espagne, 3e producteur au monde d’énergie éolienne

L’Espagne est le troisième pays producteur d’énergie éolienne au monde, derrière l’Allemagne et les Etats-Unis. Mais bien loin devant la France et ses 2 455 MW, pourtant 6e production européenne. Très largement dépendante des importations énergétiques (à près de 80%), le pays du Quichotte n’entend pas en rester là En 2007, le pays a augmenté de 29% la puissance installée et de 16% la production d’énergie éolienne. Avec l’objectif d’atteindre les 40.000 MW en 2020. Mais avant cela, reste un problème à régler : les caprices du vent. Ou plus précisément, la gestion de la (sur)production. Un exemple: lorsque le dimanche 2 novembre au matin, des rafales de 160Km/h sont venues frapper l’Espagne, des milliers de moulins se sont mis en marche. A tel point qu’à 7h20, moment de faible demande, l’énergie éolienne représentait 28,9% de l’électricité consommée en Espagne. Un record. Souci : cet excès de production devient ingérable voire dangereux et REE (Red Electrica Española) doit faire déconnecter des centrales à gaz et augmenter l’exportation d’électricité vers la France. Cela ne suffit pas et il faut débrancher plusieurs parcs éoliens, représentant 37% des moulins en fonctionnement, faute de savoir stocker le surplus ! Une perte d’énergie propre équivalant à 200.000 euros et deux millions de foyers pourvus en électricité.

Vers un partenariat avec la France?

Avant d’augmenter le nombre de moulins, il va falloir apprendre à stocker ou gérer les surplus, en les redirigeant vers des parcs de voitures électriques, des barrages ou… la France. Car une solution pourrait être d’augmenter les connections et les échanges déjà possibles entre les deux pays voisins. C’est en tout cas ce qu’appelle de ses voeux le président de REE, Luis Atienza. Une telle solution pourrait même se révéler une aubaine pour la France qui souhaite augmenter la part des énergies renouvelables en attirant des entreprises étrangères spécialisées dans le secteur à grand renfort de «crédits d’impôts». Or l’Espagne avec des entreprises aussi compétitives qu’Acciona, Gamesa, Iberdrola Renovables ou Abengoa, est un partenaire non négligeable. Ces quatre entreprises et d’autres, toutes cotées à l’Ibex 35, ont le vent en poupe. Selon une étude publiée par le bureau d’analyse DBK en 2007, les exportations des énergies renouvelables espagnoles devraient atteindre les 500 millions d’euros cette année, soit trois fois plus qu’en 2006. A quoi s’ajouteraient des ventes de matériel pour les énergies solaires et éoliennes, pour un montant de près de 4 milliards d’euros. L’Espagne est par exemple le premier investisseur étranger en énergie éolienne aux Etats-Unis. Ce qui, avec la victoire de Barack Obama et ses promesses écolos, devrait encore s’intensifier… Sans oublier que le Plan espagnol d’Energies Renouvelables 2005-2010 fixe comme objectif que la consommation d’énergie primaire provenant des énergies renouvelables passe de 7 à 12% d’ici deux ans et que la production atteigne les 30% du total. Dans cette optique, le gouvernement a destiné sur cette période près de 8,5 milliards d’euros d’aide publique aux entreprises du secteur.

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